| Margaret MacDonald: Ah, quel beau samedi matin ! Il fait un soleil magnifique sur Paris aujourd'hui. |
| Margaret MacDonald: Tiens... Stéphane ? C'est vous ? |
| Stephane Toussaint: Euh... oh. Bonjour Margaret. Oui, c'est moi. Bonjour. |
| Margaret MacDonald: Vous allez bien ? C'est rare de vous voir le samedi matin dans le couloir. D'habitude, je vous croise seulement l'après-midi, quand je rentre du travail. Vous êtes matinal aujourd'hui ! |
| Stephane Toussaint: Oui, oui. Tout va très bien. Je... je me lève tôt le week-end, parfois. C'est bien de profiter de la journée, n'est-ce pas ? |
| Margaret MacDonald: C'est vrai. Vous avez un beau programme pour le week-end ? De la photographie, peut-être ? Vous avez toujours votre appareil photo avec vous, en général. |
| Stephane Toussaint: Non, pas de photo aujourd'hui. Je... je vais faire une petite course. Juste une course rapide. |
| Margaret MacDonald: Ah bon ? Les magasins sont ouverts, c'est pratique. Vous avez besoin de quoi ? |
| Stephane Toussaint: Euh... des glaçons. Je dois acheter des glaçons à la supérette au coin de la rue. |
| Margaret MacDonald: Des glaçons ? Mais... on est en février. Et puis, vous avez un congélateur dans votre appartement, non ? Je me souviens de votre belle cuisine. |
| Stephane Toussaint: Oui, bien sûr. Mais... il est lent. Mon congélateur est très lent en ce moment. Bref, je suis pressé. Je dois vraiment y aller. Bonne journée, Margaret ! |
| Stephane Toussaint: Aïe ! Oh là là... ma main ! |
| Margaret MacDonald: Stéphane ! Ça va ? Vous avez trébuché ? |
| Stephane Toussaint: Non, c'est rien. C'est juste ma main... Je me suis fait un peu mal. Ce n'est pas grave du tout. |
| Margaret MacDonald: Attendez, ne bougez pas. Vous tenez votre main contre votre poitrine. Vous êtes tout pâle. Montrez-moi ça. Vous savez, je suis infirmière. C'est mon métier. |
| Stephane Toussaint: Ce n'est vraiment pas la peine. Je vais juste acheter mes glaçons, et... |
| Margaret MacDonald: Stéphane, montrez-moi cette main. Tout de suite. |
| Stephane Toussaint: Bon, d'accord. Mais ne vous inquiétez pas trop. J'ai eu... une petite dispute avec une poêle ce matin. |
| Margaret MacDonald: Une dispute avec une poêle ? Oh mon Dieu ! Mais... c'est une brûlure énorme ! La peau est toute rouge, avec des grosses cloques. C'est très sérieux ! |
| Stephane Toussaint: Oui, j'ai perdu la dispute, on dirait. |
| Margaret MacDonald: Mais... pourquoi votre main brille comme ça ? C'est jaune et très gras. Qu'est-ce que vous avez mis sur la peau ? |
| Stephane Toussaint: Ah, ça ! C'est du beurre. J'ai mis du beurre sur la brûlure. C'est très efficace. |
| Margaret MacDonald: Du beurre ?! Vous avez mis du beurre sur une brûlure ?! Mais pourquoi ? |
| Stephane Toussaint: Ben oui. C'est connu, non ? C'est un vieux remède de grand-mère. Ma grand-mère disait toujours : « Si tu te brûles, mets du beurre ! Ça calme la douleur et ça aide la peau ». Alors, j'ai vidé la moitié de ma plaquette de beurre sur ma main. |
| Margaret MacDonald: Stéphane, c'est la pire chose à faire. Le beurre est de la graisse. La graisse garde la chaleur. En ce moment même, la chaleur reste bloquée sous le beurre et continue de "cuire" votre peau ! |
| Stephane Toussaint: Quoi ? Ça cuit ma peau ? Mais... ma grand-mère... |
| Margaret MacDonald: Oubliez votre grand-mère pour le moment. Venez avec moi. On rentre dans votre appartement tout de suite. Il faut laver ça très vite. |
| Margaret MacDonald: Allez dans la cuisine. Ouvrez le robinet de l'évier. |
| Stephane Toussaint: Je mets l'eau très froide ? C'est pour ça que je voulais des glaçons. Je voulais mettre ma main dans la glace. |
| Margaret MacDonald: Non, surtout pas ! Pas de glace, et pas d'eau glacée. Juste de l'eau fraîche ou tiède. Voilà, comme ça. Mettez votre main sous l'eau. |
| Stephane Toussaint: Ah... ça fait du bien, quand même. C'est vrai que le beurre commençait à chauffer. |
| Margaret MacDonald: C'est normal. Quand on se brûle, la source de chaleur disparaît, mais la chaleur reste dans les tissus de la peau. C'est le processus de cuisson. L'eau fraîche arrête ce processus. C'est pour ça qu'il faut rester sous l'eau. |
| Stephane Toussaint: On doit rester comme ça pendant combien de temps ? Deux minutes ? |
| Margaret MacDonald: Non, quinze minutes. Minimum. |
| Stephane Toussaint: Quinze minutes ?! Devant l'évier ? Mais c'est très long ! |
| Margaret MacDonald: Oui, c'est long. Mais c'est le seul moyen de sauver votre main. Alors, pour passer le temps... racontez-moi comment c'est arrivé. Vous prépariez le petit-déjeuner ? |
| Stephane Toussaint: Eh bien, je suis chef cuisinier maintenant. Je fais des tests le week-end. Ce matin, j'essayais de faire un glaçage pour un pain spécial. Un glaçage au sucre et au citron. C'était dans une petite poêle très chaude. |
| Margaret MacDonald: D'accord. Et que s'est-il passé ? Vous avez glissé ? |
| Stephane Toussaint: Non, c'est à cause d'une vidéo. Je regardais une vidéo de cuisine sur mon téléphone d'une main, et je tournais le glaçage de l'autre. Et soudain... j'ai entendu un bruit sur mon balcon. |
| Margaret MacDonald: Un bruit ? Quel genre de bruit ? |
| Stephane Toussaint: Un cri d'oiseau. Mais pas un pigeon, vous savez ? J'ai regardé par la fenêtre, et là, sur la rambarde du balcon... un Faucon pèlerin ! |
| Margaret MacDonald: Un Faucon pèlerin ? Ici, en plein Paris ? C'est rare, non ? |
| Stephane Toussaint: Extrêmement rare ! C'est un oiseau magnifique. L'oiseau le plus rapide du monde. Je suis un grand passionné de photographie, vous le savez. J'ai vu l'oiseau, j'ai paniqué. J'ai voulu prendre mon appareil photo sur la table. Mais je n'ai pas regardé. |
| Margaret MacDonald: Oh non... Je devine la suite. |
| Stephane Toussaint: J'ai tendu la main sans regarder, et au lieu de prendre mon appareil photo, j'ai attrapé la poêle brûlante à pleine main. Le Faucon s'est envolé. Je n'ai pas eu la photo. Et j'ai gagné une grosse brûlure. |
| Margaret MacDonald: Oh, pauvre Stéphane. C'est vraiment pas de chance. Mais vous savez, vouloir mettre de la glace ou des glaçons après, c'était aussi une mauvaise idée. |
| Stephane Toussaint: Ah bon ? Pourquoi ? Le froid, c'est bon contre la chaleur, non ? |
| Margaret MacDonald: Pas du tout. La glace est trop agressive pour la peau brûlée. Ça bloque la circulation du sang. Le sang ne peut plus aller vers la blessure pour la réparer. C'est pour ça qu'il faut utiliser de l'eau à température ambiante, pour refroidir doucement. |
| Stephane Toussaint: C'est logique, vu comme ça. Mais vous savez, je ne suis pas habitué à toute cette médecine moderne et douce. Pendant des années, j'ai vécu en Antarctique. J'étais prospecteur là-bas. |
| Margaret MacDonald: En Antarctique ? Wow, c'est incroyable. Il doit faire un froid terrible. Comment ça se passe là-bas, s'il y a un accident ? |
| Stephane Toussaint: Là-bas, l'isolement est total. Et le climat est extrême. S'il y a un problème, on doit juste faire avec. On serre les dents et on continue. |
| Margaret MacDonald: Vous n'aviez pas de médecin à la station ? |
| Stephane Toussaint: Si, on avait un médecin. Mais honnêtement, ce n'était pas un vrai médecin comme ici. C'était plutôt un mécanicien général pour humains. |
| Margaret MacDonald: Un mécanicien général pour humains ? Quelle expression bizarre ! |
| Stephane Toussaint: Oui ! Il réparait les gens avec ce qu'il trouvait. Pas de douceur, pas de longs examens. Tu as mal ? On coupe, on coud, et tu retournes travailler. Pour moi, le système médical en France ou aux États-Unis... c'est juste un business. Ils veulent vous vendre des crèmes, des pansements chers, des rendez-vous. |
| Margaret MacDonald: Un business ? Je ne suis pas d'accord avec vous, Stéphane. Pas du tout. Mon métier, c'est d'aider les gens, pas de leur vendre des choses. C'est même pour ça que je suis en France en ce moment. |
| Stephane Toussaint: Ah oui ? Vous ne travaillez pas juste dans une clinique à Paris ? |
| Margaret MacDonald: Non, je participe à un programme d'échange professionnel. Je viens de l'hôpital Penn Medicine Princeton, dans le New Jersey, aux États-Unis. On m'a envoyée à Paris pour apprendre. Et pas seulement pour apprendre la médecine française. |
| Stephane Toussaint: Pour apprendre quoi, alors ? |
| Margaret MacDonald: Pour comprendre l'aspect humain. L'empathie. Comment les différentes cultures voient la santé. Par exemple, c'est fascinant d'étudier les différences dans les remèdes de maison. Vous, les Français, vous utilisez du beurre sur les brûlures... |
| Stephane Toussaint: Et vous voyez d'autres choses bizarres à la clinique ? |
| Margaret MacDonald: Oh, oui ! L'autre jour, une patiente est arrivée avec du dentifrice sur une coupure. Et la semaine dernière, un homme a mis des blancs d'œufs sur son coup de soleil. Des blancs d'œufs ! C'est terrible parce que ça donne des infections. |
| Stephane Toussaint: Bon, bon. J'avoue. Mon beurre, c'était une erreur. |
| Margaret MacDonald: Voilà, ça fait quinze minutes. Fermez le robinet. |
| Margaret MacDonald: Je vais aller chercher ma trousse de secours dans mon appartement. J'ai tout ce qu'il faut de la pharmacie. Ne bougez pas. |
| Margaret MacDonald: Me revoilà. Montrez-moi cette main. On va bien nettoyer le reste du beurre d'abord. |
| Stephane Toussaint: Pourquoi on ne met pas le pansement tout de suite ? |
| Margaret MacDonald: Stéphane, on ne peut pas mettre un pansement sur du beurre. La plaie doit être parfaitement propre, sinon les bactéries vont faire une fête là-dedans. |
| Stephane Toussaint: D'accord, d'accord. Allez-y doucement, s'il vous plaît. |
| Stephane Toussaint: Vous savez... vos mains sont très précises. Très calmes. Vous êtes vraiment une professionnelle. |
| Margaret MacDonald: Merci. C'est l'expérience. Et puis, j'ai l'habitude de travailler avec mes mains. Je suis infirmière, mais j'ai aussi une autre passion. |
| Stephane Toussaint: Ah oui ? Laquelle ? |
| Margaret MacDonald: Le tricot et la broderie. Je passe mes soirées à créer des choses. Des écharpes, des bonnets, des petits sacs. Ça me détend beaucoup après une longue journée à la clinique. |
| Stephane Toussaint: C'est super ça ! Vous les gardez pour vous ou vous les offrez ? |
| Margaret MacDonald: J'aimerais bien les vendre en ligne. Sur un site internet, pour avoir un peu d'argent de poche pour mes voyages en Europe. Mais... c'est très frustrant. |
| Stephane Toussaint: Pourquoi ? C'est difficile de créer une boutique en ligne ? |
| Margaret MacDonald: Non, le site est facile. Le problème, ce sont mes photos. Elles sont terribles ! Mes photos sont toujours floues. Et les couleurs ne sont jamais bonnes. Mon écharpe rouge a l'air orange sur l'écran. Mon bonnet bleu a l'air gris. Personne ne veut acheter des choses qui ont l'air si moches. |
| Stephane Toussaint: Hm... je comprends tout à fait. Vous prenez les photos avec votre téléphone ? |
| Margaret MacDonald: Oui, le soir, dans mon salon, sous la lampe de plafond. |
| Stephane Toussaint: Ah ! Je vois le problème. C'est la lumière intérieure, et surtout la "balance des blancs". |
| Margaret MacDonald: La balance des quoi ? |
| Stephane Toussaint: La balance des blancs. C'est un terme de photographie. Votre lampe de salon donne une lumière jaune. Mais la lumière naturelle du soleil est différente, elle est plus bleue ou blanche. Votre téléphone est confus par la lumière jaune, alors il change toutes les couleurs de vos tricots. |
| Margaret MacDonald: C'est ça ? Ce n'est pas parce que je suis une mauvaise artiste ? |
| Stephane Toussaint: Non, c'est juste de la technique. D'ailleurs... j'ai une idée. Vous savez, on habite dans le même immeuble. On a partagé une vraie urgence médicale aujourd'hui. Je propose qu'on se tutoie, tu es d'accord ? |
| Margaret MacDonald: Oui, bien sûr, Stéphane. On peut se tutoyer. C'est plus sympa entre voisins. |
| Stephane Toussaint: Super. Alors, Margaret, j'ai une proposition pour toi. Je te propose un marché. Un échange de services. |
| Margaret MacDonald: Quel genre d'échange ? |
| Stephane Toussaint: C'est un Programme d'échange entre voisins. Toi, tu me donnes des soins médicaux de qualité. Tu as sauvé ma main aujourd'hui. En échange, moi, je fais les photos de tes tricots. Avec mon appareil professionnel et la bonne lumière. |
| Margaret MacDonald: Vraiment ? Tu ferais ça pour moi ? Ce serait merveilleux ! J'ai une écharpe violette que je viens de finir. Elle est magnifique, mais impossible à prendre en photo. |
| Stephane Toussaint: Parfait ! Dès que ma main va un peu mieux, on organise une séance photo chez toi. Je vais t'apprendre comment utiliser la lumière. |
| Margaret MacDonald: Marché conclu ! Mais en attendant, je finis ton pansement. Voilà, avec cette belle gaze stérile, tu es protégé. Tu dois la garder propre, d'accord ? |
| Stephane Toussaint: Promis, docteure. |
| Stephane Toussaint: Attends... ne bouge pas l'écharpe. La lumière tourne un peu. Voilà, comme ça ! C'est parfait. |
| Margaret MacDonald: Alors, comment tu trouves la lumière près de la fenêtre ? |
| Stephane Toussaint: C'est idéal. La lumière naturelle de l'après-midi est douce. Regarde l'écran de l'appareil photo. Tu vois la différence ? |
| Margaret MacDonald: Oh là là... C'est incroyable ! On voit tous les détails du tricot. On voit même la texture de la laine. La couleur violette est exactement comme dans la réalité. |
| Stephane Toussaint: C'est la magie de la bonne lumière et d'un bon objectif. Et pas de lumière jaune d'ampoule ! |
| Margaret MacDonald: On dirait une photo de magazine professionnel. Tu as vraiment beaucoup de talent, Stéphane. Mon écharpe a l'air de coûter très cher ! Je vais enfin pouvoir ouvrir ma boutique en ligne. Merci beaucoup ! |
| Stephane Toussaint: De rien. Le Programme d'échange entre voisins fonctionne bien. D'ailleurs, à propos de médecine... regarde. |
| Margaret MacDonald: Fais voir ta main. Hm... c'est très bien. La grosse cloque est partie. La peau n'est plus rouge vif, elle est d'un joli rose sain. Ça guérit très vite. Tu n'as pas mal ? |
| Stephane Toussaint: Presque plus du tout. J'avoue que la méthode moderne, avec de l'eau et une vraie gaze stérile de la pharmacie, c'était mieux que mon beurre de grand-mère. |
| Margaret MacDonald: Ah ! Je te l'avais dit. Pas de beurre, pas de dentifrice, pas de glace. Juste du bon sens. Et ta main va être parfaite pour cuisiner ce soir. Tu travailles ? |
| Stephane Toussaint: Euh... oui et non. Je cuisine, mais pas pour mon travail. J'ai un rendez-vous ce soir. Un dîner. |
| Margaret MacDonald: Oh, des nouvelles intéressantes ! C'est avec quelqu'un que je connais ? |
| Stephane Toussaint: Oui, en fait. C'est avec la fille de la famille du troisième étage. On se croise souvent, et on a décidé de dîner ensemble ce soir. C'est moi qui prépare tout. |
| Margaret MacDonald: C'est super ! Je suis très contente pour toi. Qu'est-ce que tu vas lui préparer de bon ? Pas de glaçage au citron, j'espère ! |
| Stephane Toussaint: Non, pas de glaçage dangereux ce soir. Je fais quelque chose de simple et sûr. Un bon risotto avec des champignons. Pas besoin de poêle à très haute température. |
| Margaret MacDonald: Très bon choix. Et écoute-moi bien, Stéphane. En tant que ton infirmière personnelle, j'ai une dernière consigne médicale très stricte pour ce soir. |
| Stephane Toussaint: Laquelle ? Je dois mettre une crème spéciale ? |
| Margaret MacDonald: Non. Si tu vois un oiseau par la fenêtre pendant le dîner... ignore-le ! |
| Stephane Toussaint: Promis, Margaret ! Même si c'est un aigle royal, je ne regarde pas. Mon appareil photo reste dans son sac ! |
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