| Anne Antrot: C'est pas vrai. Allez, marche, s'il te plaît. |
| Anne Antrot: C'est toujours la même chose avec ce téléphone. Toujours en panne au mauvais moment. |
| Anne Antrot: Je vais être en retard. Ma journée de repos commence très mal. |
| Anne Antrot: Voyons... la carte dit que je suis arrivée. Le petit point bleu est exactement ici. Sur ce grand bâtiment. |
| Anne Antrot: Mais ce bâtiment, c'est une banque ! C'est la Société Générale ! Je cherche pas une banque, je cherche un salon de thé ! |
| Anne Antrot: Le téléphone dit : "Vous êtes devant la poste". Quoi ? Y'a pas de poste ici ! |
| Anne Antrot: C'est complètement bloqué. L'écran ne bouge plus du tout. |
| Anne Antrot: Super. Ma grande journée culturelle dans Paris. Et je suis bloquée sur le trottoir. |
| Anne Antrot: Les voitures font trop de bruit. Les scooters roulent trop vite. J'ai déjà mal à la tête. |
| Anne Antrot: Bon, on respire. Je vais éteindre le téléphone. Et je vais l'allumer encore une fois. C'est la seule solution avec la technologie. |
| Anne Antrot: Un, deux, trois... Allume-toi. |
| Anne Antrot: Non, toujours rien. L'écran est noir maintenant. Parfait. Magnifique. |
| Anne Antrot: Je vais demander à quelqu'un dans la rue. Mais les gens marchent si vite. Personne n'a le temps à Paris. |
| Anne Antrot: Tout le monde court, tout le monde est pressé. Moi aussi, je suis pressée au travail d'habitude. Mais aujourd'hui, c'est mon jour de congé ! |
| Anne Antrot: Je veux juste boire un bon thé au calme. C'est pas trop demander, si ? |
| Geoffroy Girard: Excusez-moi, madame ? Vous allez bien ? Vous avez l'air un peu perdue. |
| Anne Antrot: Oh ! Pardon. Euh, oui. Enfin, non. Je suis complètement perdue, en fait. |
| Geoffroy Girard: Vous cherchez une rue en particulier ? Je connais bien le quartier. |
| Anne Antrot: C'est mon téléphone. Il est en panne. Le GPS est complètement fou aujourd'hui. |
| Geoffroy Girard: Attendez une seconde... Votre visage me dit quelque chose. |
| Anne Antrot: Mon visage ? Euh... je crois pas. Je viens pas très souvent dans ce quartier. |
| Geoffroy Girard: Mais si ! La Résidence des Trois Amandiers ! Vous habitez là-bas, non ? |
| Anne Antrot: Ah ! Oui ! J'habite à La Résidence des Trois Amandiers. Au quatrième étage. |
| Geoffroy Girard: Je suis au deuxième étage ! Je vous croise parfois dans le grand hall. Près des boîtes aux lettres. |
| Anne Antrot: Mais oui, c'est vrai ! Oh là là, pardon. Je vous ai pas du tout reconnu ! |
| Geoffroy Girard: C'est tout à fait normal. Sans mon uniforme de travail, c'est différent. |
| Anne Antrot: C'est ça ! Vous êtes dans la police ! Vous avez toujours votre bel uniforme sombre. Et aujourd'hui, vous êtes en short de sport. |
| Geoffroy Girard: Exactement. Je suis en train de courir. C'est mon jour de repos. |
| Anne Antrot: Eh bien, enchantée, voisin. C'est vraiment drôle de se rencontrer ici, loin de notre immeuble. |
| Geoffroy Girard: Enchanté. Le monde est petit à Paris. |
| Geoffroy Girard: Surtout un samedi matin. Alors, vous avez un problème avec votre application de carte ? |
| Anne Antrot: Oui, regardez ça. Mon point bleu est sur la banque. Et moi, je cherche un endroit très précis pour ma journée culturelle. |
| Geoffroy Girard: Une journée culturelle ? C'est quoi exactement, une journée culturelle ? |
| Anne Antrot: C'est une journée juste pour moi. Pour me reposer et pour oublier mon travail. |
| Geoffroy Girard: Vous faites quoi dans la vie ? |
| Anne Antrot: Je suis avocate. |
| Geoffroy Girard: Ah, avocate ! C'est un métier difficile. Y'a beaucoup de pression, j'imagine. |
| Anne Antrot: Vous imaginez bien. Mon bureau est toujours rempli de dossiers. Des centaines de pages à lire tous les jours. C'est très fatigant. |
| Geoffroy Girard: Et vous cherchez quoi pour votre journée de repos, alors ? |
| Anne Antrot: Je cherche un café spécial. Et après le café, je vais au théâtre. Je veux voir une pièce moderne cet après-midi. |
| Geoffroy Girard: C'est un très beau programme. Et moi, pendant ce temps, je cours dix kilomètres sous le soleil. |
| Anne Antrot: Dix kilomètres ? C'est énorme ! Vous aimez vraiment le sport. |
| Geoffroy Girard: Je dois rester en forme pour mon travail. Je suis instructeur à l'école de police. |
| Anne Antrot: Ah, vous êtes professeur pour les jeunes policiers ? |
| Geoffroy Girard: C'est ça. Je leur apprends la condition physique. La course, la musculation. Je dois montrer le bon exemple tous les jours. |
| Anne Antrot: C'est très sérieux. Je comprends mieux pourquoi vous courez le samedi matin. |
| Geoffroy Girard: Et vous, vous cherchez quel café, exactement ? |
| Anne Antrot: Il s'appelle Le Rideau de Velours. C'est un petit salon de thé et un café littéraire. Mais il est impossible à trouver ! |
| Geoffroy Girard: Le Rideau de Velours... Ah, oui. Je vois très bien. C'est un endroit très connu des amateurs de théâtre. |
| Anne Antrot: Oui ! J'adore le théâtre. En fait, je fais du théâtre aussi pendant mon temps libre. |
| Geoffroy Girard: Vraiment ? Vous êtes actrice ? En plus d'être avocate ? |
| Anne Antrot: Actrice amateur, oui ! Le soir, je prends des cours dans une petite salle. Et on prépare un grand spectacle pour la fin de l'année. |
| Geoffroy Girard: C'est génial. J'imagine que c'est très différent de votre travail au tribunal. |
| Anne Antrot: Oh, oui. Totalement différent. Vous savez, quand je joue sur scène, je pense pas aux contrats ou aux dates de tribunal. |
| Geoffroy Girard: C'est votre façon de vous évader. De quitter la réalité parisienne. |
| Anne Antrot: Exactement ! Sur scène, je suis une autre personne. Je peux rire, je peux pleurer. Y'a pas de règles de droit. Y'a que des émotions. |
| Geoffroy Girard: C'est très beau. Je comprends pourquoi c'est si important pour vous de trouver ce café aujourd'hui. |
| Anne Antrot: Et vous ? Vous faites quoi pour vous évader ? Vous ne courez pas tout le temps, si ? |
| Geoffroy Girard: Non, pas tout le temps. Moi, ma grande passion, c'est le camping. |
| Anne Antrot: Le camping ? Avec une tente et un sac de couchage dans la forêt ? |
| Geoffroy Girard: Oui, le vrai camping sauvage. Souvent, je pars dans le Jura. Vous connaissez ? |
| Anne Antrot: Le Jura ? C'est des montagnes, non ? Pas très loin de la Suisse ? |
| Geoffroy Girard: Oui, c'est ça ! C'est magnifique. Y'a des grandes forêts vertes, des lacs très bleus, et beaucoup d'animaux. |
| Anne Antrot: Et vous dormez vraiment dehors, dans le froid ? |
| Geoffroy Girard: Oui ! Je prends ma voiture, je roule quelques heures. Et surtout, je laisse mon téléphone dans la voiture. |
| Anne Antrot: Pas de téléphone pendant tout le week-end ? |
| Geoffroy Girard: Pas du tout. C'est le silence total. Juste le bruit du vent dans les arbres. Le soir, je fais un bon feu de camp. |
| Anne Antrot: Un feu de camp... Ça a l'air très paisible. Très relaxant. |
| Geoffroy Girard: C'est le meilleur moyen de se reposer l'esprit. Loin de la grande ville, loin de la circulation, loin de la police. |
| Anne Antrot: J'admire ça. Le calme absolu de la nature. Moi, je n'arrive même pas à trouver un peu de calme dans Paris. Je trouve même pas mon salon de thé ! |
| Geoffroy Girard: Montrez-moi l'écran de votre téléphone. On va regarder ça ensemble. |
| Anne Antrot: Tenez. Regardez par vous-même. La carte dit que je suis ici, mais l'écran tourne en rond. |
| Geoffroy Girard: Ah, c'est un grand classique. Vous savez pourquoi ça fait ça ? |
| Anne Antrot: Non. C'est parce que mon téléphone est trop vieux ? |
| Geoffroy Girard: Non, pas du tout. C'est parce qu'on est dans le quartier du Marais. |
| Anne Antrot: Et alors ? Le réseau téléphonique marche très bien dans les autres quartiers de la capitale. |
| Geoffroy Girard: Oui, mais le Marais, c'est très spécial. C'est un quartier vraiment très ancien. Les rues sont très étroites. |
| Anne Antrot: C'est vrai, les rues sont toutes petites ici. Y'a beaucoup de touristes qui aiment se promener, d'ailleurs. |
| Geoffroy Girard: Et les bâtiments sont très hauts. Et ils sont fabriqués avec de vieilles pierres très épaisses. |
| Anne Antrot: Ah ! Vous voulez dire que les murs bloquent le signal du GPS ? |
| Geoffroy Girard: Exactement. Le signal du satellite ne passe pas bien entre ces vieux murs médiévaux. Votre téléphone est tout simplement confus. |
| Anne Antrot: Donc, la technologie moderne est complètement bloquée par l'architecture du Moyen Âge. C'est un peu ironique, non ? |
| Geoffroy Girard: Très ironique. En plus, votre GPS a un peu tort sur l'adresse. Vous êtes du mauvais côté du pâté de maisons. |
| Anne Antrot: Du mauvais côté ? Mais le gros point bleu est juste là ! |
| Geoffroy Girard: Le point bleu est sur la grande rue principale. Mais Le Rideau de Velours, c'est pas sur la grande rue. C'est un vrai joyau caché. |
| Anne Antrot: Un joyau caché ? Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? |
| Geoffroy Girard: L'entrée est minuscule. Elle n'est pas du tout visible depuis cette rue. La plupart des gens marchent devant sans jamais la voir. |
| Anne Antrot: Oh là là... C'est pour ça que je trouvais pas la porte. J'ai fait deux fois le tour du quartier ce matin ! |
| Geoffroy Girard: Écoutez, si vous avez deux minutes, je peux vous montrer un raccourci direct. Un petit secret de quartier. |
| Anne Antrot: Oh, ce serait vraiment merveilleux ! Vous êtes sûr ? Je veux pas vous déranger pendant votre course sportive. |
| Geoffroy Girard: Non, y'a pas de problème. Ça me fait faire une petite pause. Et puis, entre voisins de la même résidence, il faut s'aider ! |
| Anne Antrot: C'est vraiment très gentil de votre part. Je vous suis, alors. |
| Geoffroy Girard: On va traverser la rue juste ici. Attention aux scooters, ils sont dangereux. |
| Anne Antrot: Ouh là ! Ils roulent vraiment vite aujourd'hui. |
| Geoffroy Girard: Oui, le samedi, les livreurs sont très pressés. Venez par là. Vous voyez le fleuriste au coin de la rue ? |
| Anne Antrot: Oui, celui avec les grands pots de fleurs dehors. Les roses rouges sont très belles. |
| Geoffroy Girard: Juste à côté de ce fleuriste, il y a une petite ruelle. Regardez là-bas. |
| Anne Antrot: Euh... ce passage sombre ? C'est ça, la ruelle ? |
| Geoffroy Girard: Oui, c'est ça. On passe par là. |
| Anne Antrot: C'est... très étroit. Et y'a pas beaucoup de lumière à l'intérieur. Vous êtes sûr que c'est le bon chemin pour un café ? |
| Geoffroy Girard: Je sais, ça a l'air un peu inquiétant comme ça. On dirait un décor de film policier. |
| Anne Antrot: Exactement ! Un mauvais film policier où les choses se terminent mal pour la pauvre avocate. |
| Geoffroy Girard: Ne vous inquiétez pas du tout. Au bout de cette ruelle sombre, ça s'ouvre sur une cour magnifique. |
| Anne Antrot: Vous promettez qu'il n'y a pas de danger dans ce passage ? |
| Geoffroy Girard: Je vous le promets. Faites confiance à mon instinct de policier. C'est sûr à cent pour cent. |
| Anne Antrot: D'accord. Si c'est l'instructeur de l'école de police qui le dit, je vous fais confiance. On y va. |
| Anne Antrot (@lawye r-mcbeal): C'est vraiment incroyable... |
| Geoffroy Girard: Quoi donc ? L'odeur des vieilles pierres ? |
| Anne Antrot: Non, le silence ! On avance de seulement dix mètres dans la ruelle, et le bruit de la ville disparaît presque totalement. |
| Geoffroy Girard: Oui, c'est la grande magie de ces vieux passages de Paris. Les hauts murs de chaque côté bloquent le son des voitures et des klaxons. |
| Anne Antrot: C'est très agréable. On a l'impression de voyager dans le temps. Le sol est fait en vieux pavés. |
| Geoffroy Girard: Attention de ne pas tomber, d'ailleurs. Les pavés sont un peu irréguliers ici. |
| Anne Antrot: Je fais attention. Au fait, ça fait combien de temps que vous habitez à La Résidence des Trois Amandiers ? |
| Geoffroy Girard: Ça fait tout juste un an. J'ai déménagé l'année dernière quand j'ai commencé mon nouveau poste à l'école de police. Et vous ? |
| Anne Antrot: Deux ans pour moi. J'aime beaucoup cet immeuble. Le concierge est très sympathique avec tout le monde. |
| Geoffroy Girard: Oui, monsieur Dupont est vraiment super. Par contre, on ne peut pas dire la même chose de tous les voisins de l'immeuble. |
| Anne Antrot: Oh là là... Je sais de qui vous parlez ! Vous parlez du voisin du troisième étage ? |
| Geoffroy Girard: Bien sûr ! L'homme qui joue de la batterie ! |
| Anne Antrot: Mais oui ! À minuit ! Qui joue de la batterie au milieu de la nuit dans un appartement parisien ? |
| Geoffroy Girard: C'est un grand mystère pour moi. Le mois dernier, c'était vraiment insupportable. Je devais me lever à cinq heures du matin pour le travail. |
| Anne Antrot: Moi aussi, j'avais un très gros dossier au tribunal le lendemain matin. Je pouvais pas dormir avec ce bruit terrible. |
| Geoffroy Girard: J'en pouvais plus. Je suis monté au troisième étage. En pyjama, avec mes chaussons. Et j'ai tapé très très fort à sa porte. |
| Anne Antrot: Vraiment ? Et qu'est-ce qu'il a dit ? Il s'est excusé, j'espère ? |
| Geoffroy Girard: Même pas ! Il faisait tellement de bruit avec ses instruments de musique qu'il n'a même pas entendu ! |
| Anne Antrot: C'est une blague ! Il ne vous a pas entendu taper ? |
| Geoffroy Girard: Non ! J'ai frappé pendant cinq longues minutes. Finalement, j'ai abandonné et je suis retourné dans mon lit. Il a joué de la batterie pendant encore une heure. |
| Anne Antrot: Oh mon Dieu. Le pauvre officier de police qui ne peut pas faire peur à son propre voisin. C'est très drôle, ça. |
| Geoffroy Girard: Oui, on en rigole maintenant, mais sur le moment, j'étais vraiment pas très content. |
| Anne Antrot: J'imagine bien la scène. Mais à part ce musicien, l'immeuble est plutôt calme. |
| Geoffroy Girard: Oui, c'est vrai, c'est une bonne résidence. Bon, regardez devant vous, on arrive au bout du passage sombre. Préparez-vous à voir la lumière du jour. |
| Anne Antrot: Oh... waouh. C'est magnifique ! |
| Geoffroy Girard: Bienvenue dans le grand parc secret du quartier. |
| Anne Antrot: C'est un vrai petit paradis caché. Il y a des grands arbres, de l'herbe verte, de belles fleurs... C'est fou qu'un endroit comme ça soit caché ici au centre de Paris. |
| Geoffroy Girard: Je vous l'avais bien dit. Vous voyez la petite fontaine au milieu de l'herbe ? |
| Anne Antrot: Oui, avec les statues de poissons en pierre. L'eau coule tout doucement. C'est vraiment très relaxant. |
| Geoffroy Girard: Bon, maintenant la route est très facile à suivre. Il faut marcher juste à côté de la fontaine. |
| Anne Antrot: D'accord, on avance. |
| Geoffroy Girard: Et juste après la fontaine, on tourne à droite. Vous voyez le bâtiment là-bas, au fond ? Celui avec les briques rouges ? |
| Anne Antrot: Oui, je le vois. Il est très vieux. Il y a de grandes fenêtres anciennes. |
| Geoffroy Girard: C'est une ancienne bibliothèque. Elle date du dix-neuvième siècle, je crois. |
| Anne Antrot: Et le salon de thé, Le Rideau de Velours, est dans cette bibliothèque ? |
| Geoffroy Girard: Non, il est juste derrière ce bâtiment en briques. Le problème, c'est que la porte principale du bâtiment est toujours fermée à clé. |
| Anne Antrot: Mais pourquoi ils la ferment ? C'est complètement stupide pour un commerce, non ? Ils veulent des clients ! |
| Geoffroy Girard: C'est pour garder l'endroit très exclusif. Ils veulent que ce soit un secret pour les habitués du quartier. Ils ne veulent pas de grands groupes de touristes avec des appareils photo. |
| Anne Antrot: D'accord, je vois. C'est un concept très parisien ça, l'exclusivité et le mystère. Mais comment on entre, alors ? |
| Geoffroy Girard: Il faut passer par l'arrière de la petite cour. C'est juste ici, sur la gauche. |
| Anne Antrot: C'est vraiment bien caché. Je comprends beaucoup mieux pourquoi mon GPS était perdu. Moi aussi j'étais perdue ! |
| Geoffroy Girard: Sérieusement, Anne. Si vous êtes tellement stressée par votre travail d'avocate, vous devez vraiment essayer la montagne. |
| Anne Antrot: Le camping dans le Jura ? Avec les feux de camp ? Vous pensez que ça m'aiderait vraiment ? |
| Geoffroy Girard: J'en suis sûr. Y'a rien de mieux que la nature pour se vider la tête. Oublier les longs contrats, les clients exigeants, les gros dossiers. |
| Anne Antrot: Mais je n'ai pas de matériel de camping. J'ai jamais fait ça de toute ma vie. Je suis une vraie citadine, j'aime mon lit confortable. |
| Geoffroy Girard: C'est pas grave ! Je peux vous prêter une grande tente, un bon sac de couchage, tout ce qu'il faut pour commencer. |
| Anne Antrot: C'est très généreux de votre part. Mais... je crois que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre. |
| Geoffroy Girard: Comme quoi ? Vous avez peur de faire un feu ? |
| Anne Antrot: Non, c'est pas ça ! Je dois d'abord apprendre à trouver un simple bâtiment dans Paris ! Avant de chercher une tente perdue dans les grands bois ! |
| Geoffroy Girard: C'est un très bon point. C'est vrai que la géographie, c'est pas votre point fort aujourd'hui. |
| Geoffroy Girard: Mais vous savez... la loi est un labyrinthe, et la ville est un labyrinthe. Nous sommes tous les deux des guides professionnels. |
| Anne Antrot: Oh... c'est très joliment dit. Vous êtes le guide de la ville, et moi la guide des lois. J'aime bien cette comparaison poétique. |
| Geoffroy Girard: Regardez devant vous. On est enfin arrivés. C'est là. |
| Anne Antrot: Ici ? Mais c'est juste... deux grosses poubelles et un vieux mur. |
| Geoffroy Girard: Regardez un peu plus haut. Au-dessus des poubelles. Le petit auvent. |
| Anne Antrot: Ah oui ! Le petit auvent vert. Et y'a une vieille porte en bois sombre juste en dessous. |
| Geoffroy Girard: C'est la fameuse entrée du Rideau de Velours. Vous avez enfin trouvé votre endroit secret pour votre journée de repos. |
| Anne Antrot: C'est incroyable. Je n'aurais absolument jamais trouvé cet endroit toute seule. Je serais encore devant la grande banque en train de taper sur mon écran noir. |
| Geoffroy Girard: Eh bien, je suis très content d'avoir pu vous aider. Profitez bien de votre thé chaud, et de votre pièce de théâtre après. |
| Anne Antrot: Merci beaucoup, Geoffroy. C'était vraiment très gentil de prendre le temps de m'accompagner. Écoutez... on devrait prendre un café ensemble bientôt. |
| Geoffroy Girard: Ah oui ? Avec grand plaisir. |
| Anne Antrot: Oui, mais à notre immeuble ! Ou au bistrot d'à côté. Dans un endroit très normal, très visible pour tout le monde. Pas une aventure secrète, d'accord ? |
| Geoffroy Girard: C'est d'accord. Un café facile à trouver, sans labyrinthe. On se dit à bientôt dans le hall de la résidence. |
| Anne Antrot: À bientôt. Et bonne course dans les rues de Paris ! |
| Geoffroy Girard: Merci ! Je dois y aller vite, le ciel devient gris. Je crois qu'il va bientôt pleuvoir sur le quartier. |
| Anne Antrot: Courez vite alors ! Au revoir, voisin ! |
| Geoffroy Girard: Au revoir, Anne ! Et bonne journée culturelle ! |
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